Des Origines de La GM1 1914-1918

Que faisait le président Raymond POINCARE en Croisière, quand on arrivait au moment CHAUD ?

Il est certain que ce fait aurait légérement choqué un écolier en goguette ? Mais bon le programme est tellement dense, qu’il faut d’abord marquer les Esprits.

 

Arret sur image  un lien audio and the bit Go On

 

Impression idée Scolaire :

Après l’assassinat de SARAJEVO, les événements qui ont suivi étaient une escalade Guerrière entre la Volonté Française de récupérer d’anciens territoires et l’Allemagne Prussienne d’affirmer sa supériorité. lien cours

Dont polit bureau CNRS  = théorie des somnambules.

« L’illusion d’une guerre de courte durée

Belgrade n’est évidemment pas la seule va-t-en-guerre. La Russie, fragilisée depuis sa défaite contre le Japon en 1908 et inquiète de la montée en puissance de sa voisine l’Allemagne, a de bonnes raisons d’entrer dans un conflit pour rebattre les cartes. D’ailleurs, elle s’y précipite : elle est la première à ordonner la mobilisation générale, dix jours seulement après l’attentat de Sarajevo. D’après Sean McMeekin4, la Russie, en encourageant la Serbie à résister à l’Autriche-Hongrie – qui lui a imposé un ultimatum à la suite de l’attentat –, « engendre l’escalade d’une querelle locale et accélère l’entrée en guerre ». »

Que fait la France, alliée et créancière des Russes et des Serbes, pendant ce temps-là ? Au moment de la crise, le président de la République, Raymond Poincaré, est justement en visite à Saint-Pétersbourg. « De récentes études montrent qu’il n’a pas cherché à stopper l’élan guerrier du tsar, note Nicolas Beaupré. D’après l’historien Stefan Schmidt, il l’aurait même encouragé à entrer en action. Selon lui, Poincaré aurait même fait falsifier des documents diplomatiques afin de faire passer l’Allemagne pour l’agresseur. Mais il faut nuancer fortement cette vision : les Français cherchaient avant tout à ne pas se brouiller avec leurs alliés. »

L’Allemagne conserve une réelle part de responsabilité. Fort du développement économique fulgurant de son pays, Guillaume II rêve d’expansion. Ce rêve était jusqu’alors contrarié par la Grande-Bretagne et la France qui, longtemps rivales, venaient de s’allier par l’Entente cordiale en 1904 et entendaient régler seules les conflits résultant du démembrement de l’Empire ottoman. Mais une guerre peut tout changer…

 

Impression Wiki :

« La part qu’il prit ainsi au déclenchement de la Première Guerre mondiale, lui valut le surnom de « Poincaré la Guerre »14, surnom qui sera repris jusqu’en 1920 par Édouard Herriot, déclarant au sein de l’Assemblée nationale : « Vous portez une responsabilité terrible, Poincaré-la-guerre »15. L’historiographie récente a montré que Poincaré porte une part de responsabilité réelle dans la mort du « concert européen » tel qu’il avait existé au XIXe siècle16. »

Élection présidentielle française de 1913

« Selon la tradition républicaine, un scrutin préparatoire a lieu pour choisir le candidat du « camp républicain »; les « modérés » (républicains de droite) d’un côté, de l’autre les socialistes, refusent toutefois d’y participer. Au troisième tour, Pams l’emporte avec 323 voix contre 309 pour Poincaré, classé à gauche à l’époque (dreyfusard, laïc, il s’était marié civilement)1. La discipline républicaine aurait voulu que, battu à ces primaires, il se retire, et c’est ce que lui demande une délégation conduite par les radicaux Combes et Clemenceau1.

Mais Poincaré refuse, sachant que lors du scrutin officiel, il serait soutenu par la droite républicaine: il se présente donc à Versailles, et est élu le au deuxième tour, avec 482 voix contre 296 à Pams et 69 pour le socialiste Édouard Vaillant1. Clemenceau conservera une rancune tenace contre Poincaré pour n’avoir pas respecté la discipline républicaine, que lui-même respectera lors de l’élection présidentielle de 1920. »

perso[Sous la III eme république le pouvoir du président est plus faible que pendant la Veme. L’agitation et les changements du Gouvernement sont plus fréquents. ]

« Poincaré a parmi ses clients les plus grandes entreprises industrielles et financières du moment.  »

« La Panique bancaire américaine de 1907, aussi nommée Panique des banquiers, est une crise financière qui eut lieu aux États-Unis lorsque le marché boursier s’effondra brusquement, perdant près de 50 % de la valeur maximale atteinte l’année précédente. Cette panique se produisit au milieu d’une période de récession, marquée par d’innombrables retraits de fonds des banques de détail et d’investissement. La panique de 1907 se propagea à tout le pays, de nombreuses banques et entreprises étant acculées à la faillite. Parmi les premières causes de la crise, on peut citer le retrait de liquidités des banques de New York, la perte de confiance des dépositaires et l’absence d’un fonds de garantie des dépôts.  »

 » Alors que le chaos s’installait, minant la confiance dans les banques new-yorkaises, le plus célèbre banquier de la ville était absent. J.P. Morgan, président de la banque du même nom, la J.P. Morgan & Co., assistait à une convention religieuse à Richmond en Virginie. Morgan n’était pas seulement le plus riche banquier de la ville et le mieux servi par ses réseaux, mais il avait l’expérience des crises financières, ayant sauvé le Trésor américain lors de la panique de 1893. Les nouvelles de la crise se confirmant, Morgan quitta la convention et regagna Wall Street tard dans la nuit du samedi 19 octobre. Le lendemain matin, la bibliothèque de la résidence de Morgan au coin de Madison avenue et de la 36e rue était devenue le passage obligé des présidents des banques et des établissements financiers new-yorkais qui venaient pour échanger des informations sur la crise imminente, voire chercher de l’aide pour la surmonter27,28.  »

 

Impression ALTER :

https://aphadolie.com/2018/05/01/histoire-cachee-les-origines-secretes-de-la-premiere-guerre-mondiale/

« Docherty et Macgregor pointent du doigt ceux qui sont vraiment à l’origine du conflit : des impérialistes britanniques formant une cabale plus ou moins secrète, dont les visées politiques pendant une quinzaine d’années consistaient à préparer une guerre européenne afin de détruire le nouveau concurrent commercial, industriel et militaire de la Grande-Bretagne qu’était l’Allemagne. »

https://www.independent.co.uk/news/world/world-history/who-was-to-blame-for-the-first-world-war-9045039.html 

http://whoistoblameforwwi.weebly.com/

https://www.bbc.co.uk/news/magazine-26048324

"World War One: 10 interpretations of who started WW1
12 /02 / 14

« As nations gear up to mark 100 years since the start of World War One, academic argument still rages over which country was to blame for the conflict.

Education Secretary for England Michael Gove’s recent criticism of how the causes and consequences of the war are taught in schools has only stoked the debate further.

Here 10 leading historians give their opinion. »

« Relatively common before 1914, assassinations of royal figures did not normally result in war. But Austria-Hungary’s military hawks – principal culprits for the conflict – saw the Sarajevo assassination of the Austro-Hungarian Archduke Franz Ferdinand and his wife by a Bosnian Serb as an excuse to conquer and destroy Serbia, an unstable neighbour which sought to expand beyond its borders into Austro-Hungarian territories. Serbia, exhausted by the two Balkan wars of 1912-13 in which it had played a major role, did not want war in 1914.  »

 

Creuset Surfique : (je souligne là où va mon focus)

lien

 »

Les chefs, sans qu’on le leur demande, se sont abondamment expliqués, justifiés, leur modestie n’en a jamais souffert. Et dans ce déferlement nos Services eussent sans nul doute, comme ceux de 1914-1918, été totalement méconnus sinon méprisés, sans la réaction de notre Association et les oeuvres courageuses de quelques auteurs consciencieux et objectifs, au premier rang desquels je place notre ami Michel GARDER.


Mais revenons à la 1re Guerre Mondiale.


L’affaire DREYFUS avait contraint le Ministre de la Guerre GALLIFET à limiter à la recherche du Renseignement les attributions du Bureau Spécial rattaché au 2e Bureau de l’E.M.A.

La Sûreté Générale avait hérité de la totalité du C.E. et du recrutement des informateurs destinés à la recherche.

A la déclaration de guerre notre activité de recherche était réduite à sa plus simple expression. Elle portait essentiellement sur les ouvrages fortifiés de l’ennemi et les garnisons allemandes de l’Ouest.
Son efficacité était essentiellement fonction du zèle des Commissaires Spéciaux chargés du recrutement et, je leur rends hommage, ce zèle était absolument remarquable. L’activité des postes militaires de recherche de Belfort, Verdun, Nancy, était prolongée par des antennes à l’étranger (Belgique, Hollande, la plus importante était en Suisse dirigée par le Lieutenant Colonel PARCHET.


Les Officiers de renseignement, peu nombreux, étaient fort dynamiques, et on se souvient de l’aventure qui advint au Capitaine LUX en 1909 qui en allant photographier le zeppelin à Friedrischaffen fut arrêté, interné à GRATZ d’où il s’évada. II est décédé il y a, je crois, deux ans.


Attachés militaires et navals, consuls facilitaient souvent la tâche du Service de Renseignement, ainsi les Colonels FARRAMOND à Berlin, PAGEOT à Berne, DUPONT à Bruxelles, MM. Pascal d’Aix à Genève, FUCHS et tant d’autres.

Enfin je ne saurai trop souligner l’aide considérable apportée par les Alsaciens – Lorrains au domaine de la recherche. Au cours des trois années qui ont précédé la Guerre, sur 800 arrestations effectuées en Allemagne, pour espionnage : 400 étaient le fait de la France et d’une majorité d’Alsaciens – Lorrains.


A la mobilisation de 1914 un 5e Bureau est constitué à l’Etat-Major Général pour traiter des questions de recherches et de Sécurité sur le théâtre d’opérations.
L’Armée a retrouvé des pouvoirs de police en matière de C.E.
« 

10 commentaires pour Des Origines de La GM1 1914-1918

  1. boder dit :

    https://m.investir.lesechos.fr/actualites/les-francais-creanciers-du-monde-914083.html

    Les Français créanciers du monde
    investir.fr | Le 20/09 à 12:40 | Mis à jour le 24/09 à 12:05
    A la veille de la Première Guerre mondiale, la France est le pays le plus riche au monde. Elle investit partout à l’étranger.

    Le 15 juillet 1908, l’empereur Guillaume II reçoit un message, classé « tout à fait secret », de son chancelier von Bülow, inquiet de voir ­l’Allemagne manquer d’argent pour soutenir sa forte croissance économique et son effort d’armement : « L’argent est en ce moment aussi rare en Angleterre et en Amérique qu’en Allemagne.? On n’en trouve qu’en France, parce que le développement de l’industrie n’y a pas été trop forcé et que la population y est économe. »

    Le chancelier von Bülow ne se trompe pas. Au cœur de la Belle Époque, à la veille de la Première Guerre mondiale, la France est l’un des pays les plus riches au monde. Le niveau de vie y est nettement plus élevé qu’en Allemagne et se rapproche de celui dela Grande-Bretagne. La publicité apparaît, vantant les nouveaux produits d’une société qui n’est pas encore de ­consommation. Les Français s’occupent de plus en plus de leur personne. Les journaux sont remplis de réclames pour des produits de parapharmacie ou de beauté.

    Les innovations techniques font une percée, comme la bicyclette, le téléphone et l’automobile. L’Auto-Vélo, fondé en 1900, dépasse bientôt les 100.000 exemplaires. Cet appétit de vivre n’empêche pas les Français d’être de farouches épargnants. D’autant que, pour beaucoup d’entre eux, la Belle Époque, c’est d’abord la stabilité monétaire.

    Chaque année, ils épargnent collectivement entre 4,5 et 5,5 milliards de francs-or. Il est vrai que les classes aisées et la petite-bourgeoisie ne sont plus les seules à faire leur pelote. Les classes populaires s’y mettent afin de se constituer une petite retraite. À preuve, l’explosion des livrets de caisse d’épargne.

    La Caisse nationale d’épargne, qui avait 212.000 livrets à sa création, en a 6 millions en 1913, sur lesquels a été versé 1,8 milliard.

    Quant aux Caisses locales, qui restent les plus importantes, elles ont doublé le nombre de leurs succursales entre 1870 et 1913 et ont ouvert plus de 6,8 millions de livrets, totalisant 4 milliards de dépôts. Où va toute cette épargne, à laquelle il faudrait ajouter les multiples petits trésors de pièces d’or cachés dans les armoires ou sous les matelas ?
     » Des 28 milliards de francs placés en Europe, les trois quarts seront perdus  »

    Les emprunts d’État en absorbent ­classiquement une ­partie. Mais, contrairement à aujour­d’hui, le déficit budgétaire est alors sous contrôle, et l’État ne peut suffire à éponger cette masse de capital. Pas plus, d’ailleurs, que les émissions de titres français privés. D’autant que, à partir de 1900, l’abondance des ­capitaux fait baisser le loyer de l’argenten France à4 %, alors qu’ilreste à 7-8 % à ­l’étranger.

    Résultat : entre 1900 et 1913, les ­nouveaux ­investissements français à ­l’étranger, actions et emprunts d’État, ­atteignent ­17,5 milliards, ­contre 15 milliards à l’intérieur. Un comble : la France ­consacre plus d’argent à financer la croissance des autres que la sienne propre ! A la veille de la guerre, la fortune française à ­l’extérieur dépasse au total 40 milliards, et Le Journal des ­finances calcule même que « tout ­Français venant au monde ­possède une petite fortune s’élevant à 6.222 francs » contre un endettement public­ « d’environ 1.000 francs ».

    Alors qu’au-jourd’hui, ce dernier s’élève à 27.870 euros. Certes, le pays est riche, mais cette orientation de l’épargne vers l’extérieur pose des problèmes. Retenons trois points.

    D’abord, comme l’a souligné von Bülow dans sa lettre au Kaiser, elle reflète un développement industriel trop timide et indique un pays de rentiers à la démographie déclinante.

    Ensuite, trop souvent, les capitaux prêtés vont vers des pays qui achètent relativement peu de marchandises françaises. C’est le cas, particulièrement, de la Russie, qui faisait la plus grande part de ses échanges avec l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Quand les épargnants français investissent dans les chemins de fer russes, ils financent en fait les industriels allemands, qui fournissent rails et locomotives.

    Enfin, le risque financier se révélera être le plus coûteux. La France avait d’excellents débiteurs, comme les Etats-Unis (eh oui, nous leur prêtions de l’argent !), mais elle en avait d’autres beaucoup moins sûrs et malheureusement plus nombreux, en Amérique latine, dans les Balkans et surtout en Russie. Des 28 milliards placés, au total, en Europe, les trois quarts seront perdus après le conflit de 1914-1918.

    C’est l’autre facture d’une guerre qui appauvrira gravement la France et les Français. Elle aura notamment pour effet de réduire le stock d’or du pays, qui, en additionnant les réserves de la ­Banque de France et l’or détenu par le public, représente, en 1914, le quart de tout l’or monétaire détenu dans le monde.

    SOURCES : GABRIEL ARDANT, « HISTOIRE DE L’IMPÔT » ; CLAUDE DIGEON, « LA CRISE ALLEMANDE DE LA PENSÉE FRANÇAISE » ; PIERRE GUIRAL « L’ÂGE D’OR DU CAPITALISME » ; MADELEINE REBÉRIOUX « LA RÉPUBLIQUE RADICALE ? » ; GEORGES VALANCE « THIERS ».

    J’aime

  2. boder dit :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Malthusianisme
     » Alfred Sauvy, grand pourfendeur de ce comportement, admet que le nom de Malthus « désigne un état d’esprit doctrinal plus que l’homme qui a porté ce nom. » Pour Malthus, seule la procréation des familles peu sûres de pouvoir nourrir leurs enfants devait être restreinte, et ceci par une chasteté volontaire fort éloignée des méthodes anticonceptionnelles et antinatales qui seront pourtant désignées ultérieurement comme néo-malthusiennes.  »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9omalthusianisme
     » C’est à la fin du XIXe siècle que des théoriciens anarchistes tels que Paul Robin développent en France des thèses néomalthusiennes, que l’écrivain et journaliste Octave Mirbeau s’emploie à populariser dans la grande presse1, à contre-courant des thèses natalistes et populationnistes en vigueur au nom de la « Revanche ». Rares sont alors les syndicalistes et les socialistes à se joindre aux militants anarchistes néomalthusiens.

    À l’analyse de Malthus, les libertaires néomalthusiens ajoutent deux éléments fondamentaux : d’une part, il serait monstrueux de produire massivement la chair à canon dont les bourgeoisies industrielles ont besoin pour les prochaines boucheries (ils s’opposent donc aux politiques natalistes mises en œuvre afin de préparer la guerre programmée dans les meilleures conditions, grâce à l’abondance de l’infanterie), la chair à travail (qui facilite l’exploitation patronale), la chair à plaisir (qui alimente la prostitution). Ils appellent à la « grève des ventres », expression forgée par Marie Huot.

    D’autre part, ils réclament un contrôle des naissances grâce aux moyens contraceptifs en usage et à l’avortement. Poursuivant ce but, Paul Robin fonde en 1896 la Ligue de la Régénération humaine. Opposée à la propagande nataliste, elle diffuse des moyens contraceptifs au nom de la libération des femmes : elles doivent échapper à leur destin de génitrices2. Elle sera dissoute en 1908. Eugène et Jeanne Humbert, devenus les principaux animateurs du mouvement, créent Génération consciente et poursuivent leur propagande après son interdiction par la loi de 1920, qui interdit toute propagande antinataliste. Leur activité militante leur vaut plusieurs séjours en prison.  »
    –> analyse : faisons l’hypthése que la doctrine nataliste est majoritaire (dans l’opinion publique) en 1914.

    J’aime

  3. boder dit :

    Comment les belligérants ont financé 1914-1918

     » La France et l’Allemagne eurent recours à l’usage de la planche à billets et à l’emprunt pour faire face aux dépenses occasionnées par la première guerre mondiale.
    Par Pierre Bezbakh (maître de conférences à l’université Paris-Dauphine) Publié le 11 avril 2014 à 11h11 – Mis à jour le 11 avril 2014 à 12h28

    La guerre de 1914-1918 a posé aux Etats européens, et à la France en particulier, un grave problème de financement qui a suscité des solutions «hétérodoxes» vis-à-vis des règles de gestion des finances publiques et des pratiques de création monétaire qui avaient prévalu jusque-là.

    En effet, le montant des dépenses militaires est estimé à 186 milliards de dollars, dont 25 milliards pour la France, soit environ 125 milliards de francs-or. Cela représentait donc environ 30 milliards par an, soit six fois le budget annuel de l’Etat d’avant-guerre (Dictionnaire de la Grande Guerre, de Jean-Jacques Becker, André Versaille éditeur, 2008).

    Pour faire face à ces dépenses, les Etats ne disposaient donc que de ressources limitées. En France, le principe d’un impôt général sur les revenus avait bien été voté le 15 juillet 1914, à l’initiative de Joseph Caillaux, mais il ne commencera à faire sentir ses effets qu’en 1916.

    Ainsi, les recettes fiscales ne couvriront qu’environ 16 % des dépenses totales occasionnées par la guerre (contre 25 % à 30 % en Angleterre et aux Etats-Unis), alors que le total des dépenses publiques, qui s’élevait en France à 12,1 % de revenu national en 1912, atteindra le double en 1920.

    Au total, les déficits budgétaires cumulés engendrèrent une dette publique qui fut multipliée par 30 en Allemagne, par 25 aux Etats-Unis, par 12 en Grande-Bretagne et par 6 en France. Cette insuffisance de moyens sera palliée de deux façons : par la création monétaire et par l’emprunt, national et international.

    CIRCULATION FIDUCIAIRE MULTIPLIÉE PAR DIX

    L’usage de la « planche à billets » par la banque centrale constituait le moyen le plus simple de financement des dépenses de l’Etat. Bien qu’elle fût toujours une institution privée (elle ne sera nationalisée qu’en 1945), la Banque de France pouvait effectuer des « avances » à l’Etat, sous le contrôle du Parlement.

    Ainsi, en 1919, ces avances s’élevaient à 25,6 milliards de francs, tandis que le total des billets en circulation atteignait, fin 1918, 30,2 milliards, contre 5,7 fin 1913 (« Les Années 1914-1930 », par Jean Bouvier et François Caron, in Histoire économique et sociale de la France, sous la direction de Fernand Braudel et Ernest Labrousse, PUF, 1993).

    Il en fut de même en Grande-Bretagne et en Allemagne, où la circulation fiduciaire fut multipliée par dix durant le conflit. Cela eut pour conséquences que tous les pays européens suspendirent la convertibilité en or de leur monnaie, imposèrent le cours forcé (obligation d’accepter la monnaie papier en paiement) et virent fondre la garantie or ; en Allemagne, celle-ci passa de 90 % en 1914 à 10 % en 1918.

    Cette création monétaire d’urgence contribua à alimenter une « inflation de guerre », puisque les moyens de paiement émis augmentèrent la demande intérieure alors que l’appareil de production était tourné vers l’effort militaire. Cela réduisait l’offre de biens de consommation, alors que, de plus, une partie du pays était ravagée par les combats. Ainsi, les prix furent multipliés par 4 environ en France et par 2,5 dans les autres pays belligérants.

    Cela eut aussi pour conséquence de modifier définitivement la structure de la masse monétaire : la part des pièces métalliques, qui représentait en France 34% de la masse monétaire en 1913, ne s’élevait qu’à 0,9% de celle-ci en 1929 ; parallèlement, celle des billets passa de 21% à plus de 43%, et celle de la monnaie scripturale (dépôts bancaires à vue et soldes des chèques postaux) passa de 45% à plus de 55%.

    Au total, l’or et l’argent disparaîtront de la circulation monétaire intérieure, l’or ne constituant plus qu’une réserve de valeur conservée dans les coffres des banques, et surtout de la Banque de France, afin d’assurer la confiance dans la monnaie nationale et de régler des transactions avec le reste du monde.

    LES « BONS FRANÇAIS » PRATIQUEMENT RUINÉS

    L’autre moyen de financer la guerre fut le recours à l’emprunt. L’Allemagne émit sept emprunts intérieurs pour près de 100 milliards de marks-or. Elle emprunta aussi 2 milliards de marks à des pays neutres. La France contracta quatre grands emprunts nationaux, d’un montant total de 67 milliards de francs : le premier, qui fut lancé le 25 novembre 1915, rapporta 15 milliards de francs, et les trois suivants, émis en octobre 1916, 1917 et 1918, firent rentrer dans les caisses de l’Etat 11, 14 et 27 milliards.

    Il s’agissait d’emprunts dits « perpétuels », c’est-à-dire non remboursables, portant un taux d’intérêt compris entre 5 % et 5,5 %. Pour convaincre les Français d’y souscrire, ce qui servait aussi à les impliquer dans l’effort de guerre, l’Etat et les banques qui plaçaient ces titres dans le public créèrent de nombreuses affiches « patriotiques » rivalisant de thèmes allégoriques.

    Parallèlement, il était demandé aux Français de céder leur or à l’Etat afin qu’il reconstitue ses réserves. L’or était acheté avec des billets de banque, avec délivrance d’un reçu attestant du civisme des déposants. Mais comme le franc verra sa valeur divisée par cinq en dix ans, les « bons Français » s’étant séparés de ce métal précieux seront pratiquement ruinés.

    L’Etat émit également des bons à moyen terme et d’autres à trois mois d’échéance, acquis par la Banque de France, ce qui posait sans arrêt le problème du refinancement du pays. Les créances sur l’Etat détenues par la banque centrale passèrent de 6 % de ses actifs en 1913 à 62 % en 1918.

    « L’ALLEMAGNE PAIERA »

    Par ailleurs, la France rapatria une partie de ses avoirs placés à l’étranger et eut recours à l’endettement extérieur. C’est ainsi que le total des crédits publics et privés provenant des Etats-Unis (57 % du total) et de la Grande-Bretagne atteignit la somme de 32 milliards de francs en 1918.

    Les crédits interalliés se seraient élevés à environ 16 milliards de dollars en 1918, dont 43 % accordés par la Grande-Bretagne, presque autant par les Etats-Unis, et à près de 14 % par la France. Mais les aides apportées par la France (près de 3 milliards de dollars) l’étaient surtout à la Russie, qui ne les honorera pas après la révolution bolchevique.

    La France se retrouva donc en grande difficulté après la fin de la guerre, quand les Anglo-Américains lui réclamèrent le remboursement de ses dettes, alors que le franc se dépréciait par rapport au dollar (un dollar valait jusque-là 5 francs, et vaudra environ 25 francs au début des années 1920), provoquant ainsi une tension entre des anciens alliés.

    La France fit alors sien le slogan « l’Allemagne paiera », celle-ci étant contrainte par le traité de Versailles à verser 132 milliards de marks (l’équivalent de deux fois et demie le revenu national de l’époque) aux vainqueurs, au titre des réparations de guerre. Mais l’Allemagne ne pouvait et ne voulait le faire.

    Raymond Poincaré décidera alors, début 1923, l’occupation de la Ruhr, afin de contraindre (mais sans succès) l’Allemagne à payer. La France ne sortira monétairement de la guerre qu’au prix d’une dévaluation, engagée en 1928 également par Raymond Poincaré, la valeur or du franc étant divisée par cinq.

    Pierre Bezbakh (maître de conférences à l’université Paris-Dauphine)  »

    –> « l’Allemagne Paiera, la suite de l’histoire à démontrer que l’Allemagne n’a pas payé ! Du moins un Etat, une Nation ne peut pas PAYER.

    J’aime

  4. boder dit :

    –> »Raymond Poincaré décidera alors, début 1923, l’occupation de la Ruhr, afin de contraindre (mais sans succès) l’Allemagne à payer »<–

    J’aime

  5. boder dit :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Poincar%C3%A9#Apr%C3%A8s_la_guerre
     » Poincaré accepte de redevenir président du Conseil en janvier 1922, à la demande du président de la République, Alexandre Millerand.
    … en 1924, après la victoire du Cartel des gauches, il doit présenter sa démission, tout comme le président Millerand. « 

    J’aime

  6. boder dit :

    https://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_1997_num_16_4_1970
    La stabilisation Poincaré est-elle à l’origine d’une récession ? Les malentendus d’une controverse [article]
    +—
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_D%C3%A9pression_en_France
    « La dévaluation de Raymond Poincaré en 1928 restaure la confiance et stabilise l’économie sur une trajectoire favorable. La production est à l’indice 127 pour une base 100 en 1913. Le rythme de la croissance annuelle a été de 5 % entre 1924 et 1929, ce qui est supérieur aux résultats du Royaume-Uni et des États-Unis. On compte moins de 1 000 chômeurs en France en 1929.[réf. nécessaire] L’absence d’hyperinflation (comme ce qui existait en Allemagne à la même époque) et les taux d’intérêt à long terme sur la dette indiquent que le « miracle Poincaré » est en fait un mythe9,3. « 

    J’aime

  7. gtgt dit :

     » Il est en effet des plus étranges qu’une telle guerre ait éclaté à la surprise complète des opinions. Quand le gouvernement allemand avait envoyé un navire de guerre devant Agadir, en 1911, il n’était pas besoin d’être un grand connaisseur des relations internationales pour comprendre que, si le gouvernement français avait riposté de la même façon, le pire aurait été à craindre. En revanche l’événement déclencheur que fut l’attentat de Sarajevo, le 28 juin 1914, et l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, par un étudiant serbe originaire de Bosnie ne provoqua ni émotion ni crainte.  »
    https://www.cairn.info/la-grande-guerre–9782847349962-page-61.htm

    https://journals.openedition.org/elh/196
     » Le Livre jaune français rassemblait les documents diplomatiques de la crise de juillet 1914. Il fut publié en décembre 1914. Il contenait en particulier un faux manifeste, l’annonce que la mobilisation générale autrichienne avait précédé la mobilisation générale russe. Au moment où il fut publié, cela n’eut évidemment pas grande influence sur le cours de la guerre, mais il fut utilisé au moment de l’établissement du traité de Versailles pour prouver la responsabilité allemande dans le déclenchement de la guerre, puisque l’Autriche-Hongrie n’avait pu agir sans l’assentiment allemand. Dix ans plus tard, la protestation contre cette affirmation de la responsabilité allemande fut un argument puissant de la propagande nazie. »

    J’aime

  8. deed dit :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Juillet_1914
     » 15 juillet :Visite du président de la république française Raymond Poincaré et du président du conseil René Viviani en Russie. Retour en France le 29 juillet. »

    J’aime

  9. boder dit :

    en paralléle

    J’aime

  10. boder dit :

    L’Allemagne a remboursé ses dernières dettes datant de la 1ère Guerre mondiale
    Par Eric Chol et Romaric Godin | 01/10/2010, 17:50 | 2573 mots
    https://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20101001trib000554879/l-allemagne-a-rembourse-ses-dernieres-dettes-datant-de-la-1ere-guerre-mondiale.html

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.