l’apocalypse du nouveau testament

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Jeu Oct 19, 2006 1:09 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Léviathan a écrit:
sparfell a écrit:
Citation:
De là à déduire que toutes les religions rêvent d’incarner un jour la nouvelle Rome (ou nouvelle Babylone ou nouvelle Bagdad)… il n’y a qu’un pas.

Les trois religions monothéistes partagent un héritage commun issu de l’antiquité grecque et romaine même si aujourd’hui cet héritage est rénié par certaines traditions (cf le discours de Benoît XVI à Ratisbonne dont le message essentiel porte sur la déshéllinisation de l’occident).

Peux-tu m’en dire plus sur la déshéllénisation de l’occident?

Les xxxxxx ont retenu du discours de benoît XVI une diatribe contre l’islam, alors que l’essentiel de son propos critique la philosophie moderne dans le rejet de la philosophie antique dont le christianisme est l’héritier (NB : Le discours du Pape se situe dans un cadre plus théologique que philosophique).

Pour la philosophie antique, l’ordre du monde nous est donné et l’homme s’y inscrit dans une finalité propre. La physique (l’étude de la nature, de l’être) est indissociable de la métaphysique (l’étude du sens, du « devoir être »). Les faits et les valeurs ; les évènements et le sens sont indissociables et inter-pénétrables.

Un exemple pour comprendre : La classification des types de gouvernement chez les antiques grecs repose à la fois sur un critère objectif, le critère physique du nombre (un seul, un petit nombre ou la multitude) et sur un critère subjectif, un jugement de valeurs distinguant les formes vertueuses de gouvernement (la royauté, l’aristocratie, la république) des formes corrompues de gouvernement (la tyrannie, l’oligarchie, la démocratie).

Pour la philosophie moderne, l’ordre du monde se conceptualise. Il obéit à des lois. La quête des lois (la science) s’est dissocié de la quête du sens, de la finalité (la métaphysique). La rupture avec la philosophie classique est d’autant plus forte que le champ de la raison est désormais restreint à la seule science et son avatar la technologie. La métaphysique est réduit à une croyance, une superstition, une superstructure pour reprendre l’expression de Karl Marx.

Reprenons l’exemple des modes de gouvernement : Montesquieu a été l’un des premiers à remettre en cause la conception classique : il conserve le critère objectif du nombre mais il abandonne le critère métaphysique de la morale ou de la vertu pour le critère de la loi et de son effet modérateur (l’esprit des lois). Ainsi, il distingue la souveraineté du peuple ou d’une partie du peuple qui fixe la loi (République comportant deux sous catégorie Démocratie et Aristocratie), la souveraineté d’un seul soumis à des lois fixes et établies (la monarchie), la souveraineté d’un seul non soumis aux lois (le despotisme).

La déshéllénisation de l’occident est donc la perte de la quête du sens, l’abandon de la finalité individuelle et collective de l’homme tantôt au profit d’une jouissance existentielle et de son relativisme morale, tantôt au profit d’un scientisme béat.

Pour ceux qui sont rebutés par Benoît XVI car sa qualité de chef de l’Eglise Catholique le disqualifie, ils peuvent se reporter à Léo Strauss. Sa critique de la philosophie moderne réhabilite en quelques sortes la pensée antique.
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« Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. » Montaigne

–> de mes recherches littéraires, le concept d’Apocalypse ne signifie pas la destruction du monde sensible vers sa destruction mais simplement le renouvellement du Temps.