les métaux au coeur des débats

Webcache

 

La Chine coupe les vannes de matières stratégiques

Mer Oct 27, 2010

Les pays dépendant des exportations chinoises de terres rares s’inquiètent. Après le Japon, les acheteurs américains de ces 17 métaux utilisés dans la production des véhicules électriques, des téléphones portables, des lasers mais aussi dans l’industrie de défense, par exemple pour les radars de Lockheed Martin, constatent un blocage des livraisons en provenance de la Chine.

Cette dernière assure 97 % de la production mondiale depuis que d’autres pays, au premier rang desquels les Etats-Unis, ont ralenti ou abandonné l’extraction de terres rares, que la Chine fournit à bas prix et malgré le coût environnemental. Elle ferme les vannes, d’abord à l’encontre de pays avec lesquels elle entretient des relations difficiles, tout en continuant, dans le discours officiel, de soutenir que rien n’a changé.

 » Il n’y a pas d’embargo formel mais les cargaisons sont bloquées en douane côté chinois « , explique Jeff Green, un lobbyiste de Washington qui défend les intérêts des industriels utilisant des terres rares.

Selon lui, plusieurs théories circulent dans les milieux d’affaires américains pour expliquer le blocage. L’adoption de mesures de représailles à l’encontre des Etats-Unis, qui accusent Pékin de subventionner les technologies vertes contre les règles du commerce international, en est une. Mais la plus pertinente, estime M. Green, est celle d’un tarissement des quotas d’exportation fixés par le gouvernement chinois.

Soucieuse de conserver des réserves, dont elle estime qu’elles pourraient s’épuiser dans quinze ou vingt ans à ce rythme, et de satisfaire une demande locale croissante, la Chine a annoncé en juillet une réduction de 40 % de ses exportations de terres rares pour l’ensemble de l’année, selon China Chemical Industry News, ce qui équivaudrait à une chute de 72 % pour le second semestre.

Certains Européens dans l’industrie constatent que l’adoption de ces quotas a perturbé l’approvisionnement mondial, tout en laissant paradoxalement bloquées en stockage des quantités de terres rares déjà extraites mais dont les quotas d’exportation ont été dépassés. Tous ne rencontrent cependant pas les mêmes difficultés.

Le quotidien officiel China Daily citait, le 18 octobre, une source au sein du ministère du commerce selon laquelle la Chine pourrait de nouveau réduire ses exportations de 30 % en 2011. L’information a été démentie par ce même ministère qui promet que la Chine  » continuera de fournir des terres rares au monde  » mais également  » d’imposer des restrictions à l’extraction, à la production et à l’exportation  » de ces métaux stratégiques.

Le premier ministre, Wen Jiabao, avait déjà assuré, mercredi 6 octobre, qu’il n’était pas question d’utiliser les terres rares comme  » outil de négociation « . Comment expliquer alors que l’approvisionnement du Japon ait été suspendu, au moment même où les deux pays sont en froid après l’arrestation d’un marin chinois à proximité des îles Diaoyu, dont la souveraineté est disputée ?

 » Probablement parce que les autorités ont amélioré la lutte contre la contrebande, le passage en douane a peut-être été ralenti « , estime Zhang Anwen, vice-secrétaire de la Société chinoise des terres rares, qui refuse d’évoquer les questions politiques mais retient néanmoins qu’elles sont souvent mêlées à celles touchant à l’économie.

Malgré les demandes répétées de Tokyo, l’approvisionnement n’est toujours pas rétabli et seuls deux importateurs japonais sur trente se sont vu livrer les métaux depuis le mois de septembre, selon le quotidien nippon Asahi. Le Japon s’interroge donc sur les alternatives et prépare un accord avec le Vietnam afin d’y ouvrir de nouvelles mines.

L’Allemagne annonce vouloir développer elle aussi des partenariats avec d’autres pays producteurs tandis qu’aux Etats-Unis, la mine de Mountain Pass, qui fut un temps la première de la planète et avait été fermée en 2002 par manque de rentabilité et à la suite de pollutions toxiques, sera relancée en 2011.

Source : Harold Thibault, Le Monde, octobre 2010.

Un commentaire pour les métaux au coeur des débats

  1. boder dit :

    Une grève massive au Chili pourrait faire flamber le cours du cuivre

    Elisabeth StuderActualités, Economie, Matières premièresUn commentaire

    Voilà qui devrait influer sur le cours du cuivre : les employés de la mine d’Escondida au Chili, la plus grosse mine de cuivre au monde, ont indiqué vendredi, après un jour de grève approuvée par 99,9% des salariés, être prêts à poursuivre leur mouvement pendant deux mois pour soutenir leurs demandes salariales. Le mouvement fait suite à des semaines de négociations avec l’actionnaire principal. Dès mercredi, les employés avaient commencé à arrêter certaines machines du complexe minier et à abandonner leurs postes.

    Patricio Tapia, président du Syndicat des mineurs d’Escondida a par ailleurs indiqué que près de 2.500 employés s’étaient organisés pour se relayer dans le campement provisoire qu’ils ont monté à l’extérieur du complexe minier situé à 3.100 mètres d’altitude dans le désert d’Atacama. Ils ont parallèlement constitué un fonds de soutien de 389.000 dollars qui selon eux devrait leur permettre de tenir près de 60 jours. Rappelons que la précédente grève massive observée à Escondida, en 2006, avait duré 25 jours.

    Les mineurs exigent une hausse des salaires de 7% et un bonus de 39.000 dollars contre 8 millions proposés par la direction, sans augmentation de salaires. Ils accusent l’entreprise, contrôlée par l’anglo-australien BHP Billiton, de vouloir réduire rémunérations et conditions contractuelles des nouvelles recrues. A l’heure actuelle, les employés travaillent 12 heures quotidiennes pendant sept jours puis se reposent une semaine, leur salaire étant parmi les plus élevés du pays.
    BHP Billiton, principal actionnaire de la mine, a toutefois rejeté leurs revendications et a a annoncé la suspension de la production pour au minium 15 jours. Elle a par ailleurs constitué une commission chargée de protéger les installations et le personnel extérieur intervenant sur place (entretien, nettoyage…) tout en demandant à ses travailleurs d’éviter les actes de violence. Face à une telle attitude, Patricio Tapia a regretté l’impossibilité d’engager des discussions avec l’entreprise.
    « L’entreprise maintient une position inflexible. Ca sera dur. Nous sommes disposés à résister le temps qui sera nécessaire », a prévenu pour sa part Carlos Allendes, porte-parole du Syndicat des travailleurs d’Escondida.
    En vue de pouvoir appréhender l’impact du mouvement sur la production mondiale de cuivre, précisons que la mine chilienne produit environ 927.000 tonnes de métal rouge par an, soit 5% de l’offre planétaire.
    En cas de maintien de la grève durant un mois, le PIB chilien devrait chuter d’au moins 0,2 %, les analystes prévoyant parallèlement une flambée du cours du cuivre, alors que le Chili est le premier producteur de cuivre au monde, couvrant un tiers de l’offre globale.
    La baisse de l’offre de cuivre chilienne pourrait s’accroître, les conflits sociaux étant susceptibles de se multiplier dans les mines de cuivre du pays, 2017 étant l’année du renouvellement des conventions salariales. Les analystes estiment que les négociations prévues cette année pourraient affecter 2,5 millions de tonnes d’extraction de cuivre, soit 12% de la production mondiale.

    Or, face à la chute des prix des métaux observée ces derniers mois, les groupes miniers sont disposés à moins de « largesse ». La mine d’Escondida a souffert de la chute du cours du cuivre, plombé par l’essoufflement de la demande chinoise, contraignant BHP Billiton à licencier une centaine d’employés début 2016 et à réduire les bonus et autres avantages des salariés.
    Pour rappel, en 2011, la tonne de cuivre valait plus de 10 000 dollars il y a exactement six ans et ne vaut aujourd’hui pas même 6000 dollars.
    Certes le cours du métal a repris du poil de la bête depuis août 2016, dopé par les discours de relances de Donald Trump. Il aura même gagné 30% en moins d’un mois, s’échangeant à 6.045,50 dollars la tonne fin novembre. Les prix se maintiennent autour de ce niveau à l’heure actuelle, le plus haut en un an et demi.
    Un arrêt de production de la mine d’Escondida pourrait toutefois rapidement tarir l’excédent actuel du marché mondial et faire s’envoler les prix . D’autant plus que situation semble également instable en Indonésie, dans la deuxième mine du monde, Grasberg, gérée par l’américain Freeport-McMoRan, alors que de nouvelles réglementations minières sont actuellement mises en oeuvre.

    Sources : AFP, RFI, AWP
    Elisabeth Studer – 11 février 2017 – http://www.leblogfinance.com

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s