L’idée coloniale au 19 siécle et au début du 20eme

L’idée coloniale en France : De 1871 à 1962 par Raoul Girardet
et autres références

j’ouvre le débat sur l’idée coloniale à la française à la lumiére du présent.

de ce que j’ai compris  il ya plusieurs périodes charnières dans l’évolution de cette idée.

1er étape : les origines
La défaite face à la prusse et l’effondrement du second empire amène certains à vouloir faire rayonner la france dans le monde (la supériorité technique aidant).

l’élan est commun à toute l’europe mais en france cette initiative est portait par des aventuriers, et certains groupes de pensée (la marine, des entrepreneurs et Jules ferry..).

dans cette période l’aventure coloniale est discutée et critiquée. la justification la plus forte étant un mélange de mission de partage des lumiéres à la françaises et de nécessité d’impérialisme tourné vers le monde. les détracteurs eux pronnent le réalisme matérialiste et la nécessité de se concentrer sur la rentabilité et le renforcement (à raison sans aucun doute).

2 eme étape : période bien plus longue. Si l’idée colionale a eu des opposants à l’origine rien n’est venu empécher son avancée.

peu a peu le français moyen prend connaissance de cet ailleurs. mais il est indubitable que le colionalisme s’inscrit structurellement dans la 4eme république.

La Grande france s’inscrit profondément dans la pensée de l’époque et dans le mode de vie.
quid de spécificités comme biribiri, la traite des blanches, l’expansion du milieu franco français à l’export, les expéditions militaires…

d’autant que la course est rude dans toute l’europe.

certains de ses anciens détracteurs (les radicaux) deviennent méme de farouches défenseurs. Mais la france politique est partagée.

3éme époque : les 2 guerres mondiales
comme un torrent ces événements consacrent la nécessité des colonnies. réserve stratégique le colonialisme en sort renforcé.

4 eme époque : la décolonisation qui débute à l’aube de la fin la 2 GM.
des forces nouvelles (surtout les communistes, un peu les socialistes et d’autres) relancent du refus du colionalisme et l’inscrivent au coeur de leurs doctrines. La france qui elle n’est pas encore remise de la 2eme guerre, attend l’histoire…

Bonsoir

Concernant la première période de la colonisation, on peut remonter à 1830, avec la prise d’Alger par l’armée française, opération de prestige uniquement, ce qui ne le sauvera pas Charles X quelques semaines plus tard.
Continuation de la conquête de l’Algérie par le général Bugeaud sous Louis-Philippe.
Ensuite, sous le second empire, développement de la colonisation en Afrique noire et en Indochine. Développement d’une véritable politique arabe par Napoléon III
Enfin, sous la IIIe République, la politique de colonisation est venue du dépit lié à la perte de l’Alsace-Lorraine. On peut ajouter à celà le trop-plein dans les campagnes de l’époque.

Mais, il n’y avait pas pour autant une pensée coloniale à l’époque. Par exemple, la Kolonialverrein (société coloniale allemande) était bien plus importante que notre Société coloniale.

La droite, avant 14, était opposée à l’idée coloniale, gardant les yeux farouchement fixés sur « la ligne bleue… »

Quant à la troisième période, la décolonisation, elle n’a été rendue possible que par le fantasme anti-colonial des USA, qui se voulaient solidaires des exploités, comme ils l’avaient été par les britanniques.
Ce n’est que confrontés à l’agression communiste en Corée, que les écailles leur sont (partiellement, et temporairement) tombées des yeux.

 

« Quand même, la guerre du Rif, on en a quand même bavé. L’armée espagnole s’est même fait battre militairement (pas mal pour un ramassis de tribus rebelles). Enfin, pour mettre enfin la main sur Abd-el Krim, on a dû envoyer une véritable armée là-bas. »

Pardon, je me suis mal exprimé 

Je voulais dire qu’aujourd’hui, une propagande destinée à bien « remonter l’immigré » contre le primo-occupant, a tendance à faire de l’armée coloniale française une réédition des « colonnes infernales », limite génocidaire.

Il est bien connu que, pour ces gens-là, toute intervention de l’armée française se soldait par un bain de sang dans les populations indigènes (voir la fable de Sétif, où on va bientôt atteindre 300.000 morts, là où il y avait 20.000 habitants)

Maintenant, que l’armée française ait eu du monde au tapis, en face des redoutables guerriers d’Abd el Krim, c’est évident. On n’avait pas affaire à des enfants de choeur..

« –100 000 morts tout de même…

Ici« 

+1
les arguments des colionalistes de l’époque (1) n’ont ils pas été vérifiés ? a t’on transmis les lumiéres à la française ?je suis mitigé car si au regard de l’histoire de l’afrique, la france (l’europe) n’était qu’un empire de plus prenant le controle des populations,notre domination n’a pouvait pas étre « rayonnante ».
(..)
d’un autre coté on ne peut pas dire que nous n’avons pas laissé de trace puisque c’est population parle français  .

 

Sans être partisan d’une loi sur les bienfaits de la colonisation, je me permettrai tout de même de signaler que « l’impérialisme » n’est pas toujours un retour à l’obscurantisme pour les peuples conquis ou l’expression du fascisme pour le peuple conquérant.

Il suffit de s’en retourner loin dans l’histoire, là où le parasitage des idéologues n’a pas porté atteinte au travail des historiens : Alexandre le Grand n’était-il qu’un odieux impérialiste? Cyrus le Grand aussi? Sans compter l’Empire Romain, Carthage, les conquérants arabo-musulmans, les mongols, les turcs, les espagnols et j’en passe.

La colonisation, je pense, a été un électrochoc pour des peuples effectivement en retard en Afrique, en Asie et en Amérique. Mais tout le monde n’a pas été Cortès et il suffit pour cela de penser en quoi les Lumières françaises inspirèrent les mouvements de libération nationale de pays comme la Tunisie, le Maroc, le Sénégal etc. (Bourguiba a été au collège Sadiki, une école à la mode européenne).

Les Lumières armèrent les élites de ces peuples pour leur indépendance nationale même si elles ne se sont pas imposées comme une évidence à l’ensemble de ces peuples qui oscillent, un peu comme nous, entre des héritages immémoriels et une nouveauté encore difficile à digérer deux siècles + tard.

Tu as raison de dire que le bilan du colonialisme est en demi-teinte et contradictoire. Des massacres ont été commis à l’encontre même des idées généreuses d’un Jaurès mais des peuples se sont émancipés de la tutelle extérieur et, partiellement, de la tyrannie locale séculaire, au contact des nations avancées du nord.